Thérapie 2008 Mars-Avril; 63 (2): 135-140
DOI: 10.2515/therapie:2008038
Prescription médicamenteuse et pharmacovigilance en pratique thermale : étude comparative à 20 ans d'intervalle (1987 versus 2007)
Fabien Fontanel1, Geneviève Durrieu1, 2, 3, Christine Damase-Michel1, 2, 3 and Jean-Louis Montastruc1, 2, 31 Laboratoire d'Hydrologie et Climatologie Médicale, Université de Toulouse, Faculté de Médecine, Toulouse, France
2 Laboratoire de Pharmacologie Médicale et Clinique, Unité de Pharmacoépidémiologie, EA 3696, Université de Toulouse, Faculté de Médecine, Toulouse, France
3 Service de Pharmacologie Clinique, Centre Midi-Pyrénées de PharmacoVigilance, de Pharmacoépidémiologie et d'Informations sur le Médicament, Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse, Toulouse, France
Texte reçu le 13 mars 2008 ; accepté le 30 avril 2008 ; publié en ligne le 20 juin 2008
Abstract - Drug Prescription and Pharmacovigilance in Spa Therapy: a Comparative Study at a 20-year Interval (1987 versus 2007)
Objectives: Spa therapy is often considered as a dedicated period
for a global treatment of patients. However, the prescription behaviours of
spa physicians remain largely unknown.
Methods: A postal questionnaire concerning drug prescriptions
during spa therapy and occurrence of adverse reactions to spa therapy was
sent to the 95 spa physicians of South West of France.
Results: Seventy physicians answered to the survey. During spa period,
most of them (67%) could associate drug prescription in complement of spa
therapy. Drugs most often prescribed were analgesic (80%), non steroidal
anti-inflammatory (57%) and antiinfectious (37%) drugs. Fifty nine per
cent of the spa physicians could suppress part of the usual drug treatment
of the patients. Spa related drugs which were the most often suppressed were
anti-arthrosic and veinotonic drugs. Spa physicians could also modify or
suppress drugs unrelated to the purpose of spa therapy, mainly psychotropics
(anxiolytics or hypnotics), statins, diuretics or hypoglycaemics (in case of
inefficacy or adverse drug reactions). Spa physicians modified
more drug
prescriptions related to spa therapy than those unrelated to the purpose of
spa therapy. Most of the spa physicians (77%) did observe adverse
reactions to spa treatments. For 53% of the physicians, these adverse
reactions could be "serious". The 2007 results were compared to those
obtained during a similar survey performed 20 years before (1987).
Conclusion: Spa therapy is often associated with change in drug
prescriptions, with mainly a decrease in the number of prescribed drugs.
Adverse reactions to spa therapy are rare and mainly "unserious". However,
their imputability remains difficult to establish, thus justifying the need
of a specific vigilance in spa therapy ("SpaVigilance").
Résumé - Objectifs : La cure thermale est souvent présentée comme un moment privilégié de la prise en charge globale du patient. Cependant, les comportements de prescription médicale des médecins thermaux restent mal connus. Méthodes : Nous avons réalisé une enquête (postale par questionnaire) sur les comportements de prescription médicamenteuse, les habitudes de prescription et l'existence d'effets indésirables imputables à la cure thermale auprès de l'ensemble des médecins thermaux du Sud-Ouest de la France. Résultats : Soixante dix médecins (sur les 95 interrogés) ont répondu au questionnaire. À l'occasion de la cure, la majorité (67 %) d'entre eux associe une prescription médicamenteuse en complément de la cure thermale. Les médicaments les plus souvent prescrits sont les antalgiques (80 %), les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) [57 %] et les antibiotiques (37 %). La plupart (59 %) des médecins thermaux affirment supprimer une partie de la prescription habituelle du patient. Ces suppressions portent préférentiellement sur les anti-arthrosiques d'action lente et veinotoniques. Les médecins thermaux peuvent aussi modifier ou supprimer certains médicaments sans rapport avec la cure, essentiellement en cas d'inefficacité avérée ou d'effets indésirables médicamenteux : il s'agit des psychotropes (anxiolytiques ou hypnotiques), des statines, des diurétiques ou des hypoglycémiants. Les médecins thermaux sont plus respectueux des prescriptions ne concernant pas la pathologie de la cure que celles la concernant. Dans leur très grande majorité (77 %), les médecins de station thermale signalent observer des effets indésirables survenus au cours des cures thermales. Pour la moitié des médecins, il peut s'agir d'effets indésirables "graves". Ces résultats 2007 sont comparés à ceux obtenus vingt ans plus tôt (1987) au cours d'une enquête similaire. Conclusion : La cure thermale s'accompagne le plus souvent d'une modification de l'ordonnance, essentiellement dans le sens d'un allégement. Les effets indésirables des cures thermales semblent rares et peu graves. Leur imputabilité reste difficile à établir, justifiant la mise en place d'une vigilance en milieu thermal ("ThermoVigilance").
Key words: drug prescription -- spa therapy -- pharmacovigilance -- adverse reactions
Mots clés : prescription médicamenteuse -- cures thermales -- pharmacovigilance -- effets indésirables
© Société Française de Pharmacologie et de Thérapeutique 2008


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